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Recherche Telotia · Pharmacies communautaires du Québec

Dix ans de pharmacie au Québec, racontés par les patients

De 2016 à 2026, les avis Google sur les pharmacies communautaires du Québec ont suivi ce que les patients vivaient au comptoir : la pandémie, les portes fermées, les tablettes vides et, de plus en plus, l’accueil et le service reçus. Ils en disent beaucoup moins sur ce qui a changé dans le travail même des pharmaciens : un rôle clinique grandissant.

22 oct. 2026 · 16 min de lecture ·
16 % à 28 % des avis donnaient une étoile : en 2018, puis en 2023 (15 % en 2026)
AnnéeUne étoile
201816 %
202328 %

En 2018, 16 % des avis Google sur les pharmacies communautaires du Québec donnaient une seule étoile. En 2023, c’était 28 %. Pendant ces mêmes années, le rôle des pharmaciens s’est élargi : ils ont commencé à vacciner, ont pris en charge de nouvelles activités cliniques, et plusieurs de leurs services sont devenus sans frais pour les patients, payés plutôt par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Les deux histoires ne sont pas forcément liées, et nous ne prétendons pas qu’elles le soient. Ensemble, elles soulèvent pourtant une question : de quoi les patients ont-ils parlé pendant cette décennie, et qu’ont-ils à peine évoqué?

Pour le savoir, nous avons recueilli 159 568 avis Google sur 1 865 des 1 883 pharmacies communautaires du Québec, dont 91 908 avec un commentaire écrit, publiés de janvier 2016 à septembre 2026. À l’aide de techniques modernes d’apprentissage automatique, nous avons classé les commentaires par sujet, puis suivi chaque sujet année après année, à côté des données publiques sur les doses de vaccin, les postes vacants, les pénuries de médicaments et les services que les pharmaciens facturent à la RAMQ. Les avis disent comment la visite a été vécue par les personnes qui ont choisi d’écrire; ils ne mesurent pas la qualité des soins.

Ce que nous avons trouvé, c’est un décalage. Les avis ont suivi ce que les patients vivaient à la pharmacie, souvent en quelques mois : la difficulté à joindre la pharmacie pendant la pandémie, la vaccination, les pénuries de personnel et de médicaments et, de plus en plus, l’accueil et le service reçus. Ils en disent beaucoup moins sur ce qui a changé dans le travail même des pharmaciens : les services cliniques qu’ils facturent ont augmenté beaucoup plus vite que les commentaires des patients à leur sujet, et les règles qui ont élargi ces services n’ont laissé aucune trace nette dans les avis.

La question est d’actualité. Le 9 décembre 2026, en vertu d’un nouveau règlement découlant de la loi 67, le rôle des pharmaciens s’élargit de nouveau : ils pourront prescrire plus largement pour des problèmes de santé courants, comme certaines infections, et pour des maladies chroniques déjà diagnostiquées; les services arriveront graduellement. Cet article suit la décennie telle que les patients l’ont racontée.

Principaux constats

  • Les avis sont devenus plus sévères, puis un afflux d’avis positifs a fait remonter les moyennes. Les avis à une étoile sont passés de 16 % des avis en 2018 à 28 % en 2023, même en comparant chaque pharmacie à elle-même. Depuis la mi-2024, un afflux d’avis courts et positifs fait remonter les notes, mais le nombre d’avis à une étoile a continué d’augmenter, jusqu’à 485 par mois en 2026, soit environ trois par pharmacie par année. Toutefois, cela ne montre pas que les soins se sont dégradés, puisque les avis de toutes sortes ont augmenté.
  • Les avis ont suivi ce que les patients vivaient à la pharmacie. La difficulté à joindre la pharmacie pendant la pandémie, la vaccination contre la COVID-19 et les pénuries de personnel et de médicaments se sont vues dans les commentaires au moment où elles survenaient, et les patients commentent de plus en plus l’accueil et le service reçus.
  • Le rôle clinique grandissant des pharmaciens se voit surtout quand il fait attendre les patients. De 2019 à 2024, les prolongations d’ordonnance facturées au régime public de la RAMQ ont été multipliées par près de huit; les commentaires qui en décrivent une, par quatre environ, un peu plus vite que l’ensemble des commentaires. Quand les patients décrivent une prolongation, 64 % de ces commentaires donnent une étoile, et seulement 24 % disent qu’elle s’est bien passée.

La décennie, année par année

Faites défiler pour traverser la décennie.

2016

Un avis sur dix donnait une étoile

En 2016, 10 % des avis Google sur les pharmacies communautaires du Québec donnaient une étoile, et les avis étaient encore rares : 3 977 cette année-là. Une vague d’avis à la fin de 2016 et en 2017 (13 405 en 2017), dont nous ne connaissons pas la cause, a relevé les notes pour un temps : la part à une étoile est tombée à 6,8 %.

2018-2019

Les notes commencent à baisser

En 2018, 16 % des avis donnaient une étoile; en 2019, 20,5 %. Les commentaires se sont aussi allongés : leur longueur médiane est passée de 61 caractères en 2016 à 131 en 2024.

2020

Joindre la pharmacie devient le problème

En une seule année, au début de la pandémie, la difficulté à joindre la pharmacie, en personne ou par téléphone, est passée de 10 % à 19 % des plaintes sur le service des ordonnances.

2021

Les vaccins arrivent en pharmacie

Quand les pharmacies ont commencé à offrir les vaccins contre la COVID-19, les commentaires sur la vaccination sont passés de 0,5 % des commentaires en 2020 à 2,9 % en 2021. Mois après mois, ils ont suivi le rythme de la campagne de vaccination au Québec (27,7 millions de doses depuis décembre 2020, en pharmacie et ailleurs).

Commentaires sur la vaccinationDoses administrées

0sommet
202120232025

Commentaires sur la vaccination (trait foncé) et doses administrées au Québec (gris; INSPQ), chacun en part de son propre sommet, de décembre 2020 à septembre 2026.

2022

Portes fermées, tablettes vides

À l’été 2022, alors que les pharmacies manquaient de pharmaciens, les plaintes sur les heures d’ouverture ont presque doublé. Les plaintes sur le téléphone, qu’il s’agisse de joindre la pharmacie ou de la façon dont les appels étaient traités, ont culminé à 4,8 % des commentaires. Pendant la pénurie d’analgésiques pour enfants, les mentions d’acétaminophène ou d’ibuprofène ont plus que triplé, de 1,7 à 5,6 pour 1 000 commentaires, les mois mêmes où les familles la vivaient.

Avant la pénurie1,7
Pendant la pénurie5,6

Acétaminophène ou ibuprofène, pour 1 000 commentaires.

2023

Le creux

28 % des avis donnaient une étoile, la plus forte proportion de la décennie. En comparant chaque pharmacie à elle-même, la note moyenne est passée de 3,95 étoiles en 2018 à 3,58.

2025

La remontée

À partir de la mi-2024, les avis ont afflué : en 2025, il y en a eu plus du double, les notes ont bondi, et seulement 50 % avaient un commentaire, contre 64 % en 2024. Les avis à une étoile ont tout de même augmenté : 446 par mois, contre 369 en 2024.

2026

Où en sommes-nous

De janvier à septembre 2026, 15 % des avis donnaient une étoile, une proportion en baisse depuis 2023, mais leur nombre a atteint 485 par mois, un sommet pour la décennie. Les patients ont nommé un membre du personnel dans 21 % des commentaires, contre 9 % en 2018.

Avis à une étoile et avis par mois, de 2016 à 2026

Avis à une étoile

0 %10 %20 %30 %
9,9 %6,8 %14,6 %

Avis par mois Afflux d’avis

02 0004 000
20162017201820192020202120222023202420252026

Part des avis Google à une étoile par année (2026 : de janvier à septembre), et nombre d’avis par mois; en ambre, à partir de juillet 2024, l’afflux d’avis.

Vue tableau
Année20162017201820192020202120222023202420252026
Avis à une étoile9,9 %6,8 %15,8 %20,5 %20,0 %21,7 %27,7 %28,2 %25,3 %14,6 %15,2 %

Des avis plus sévères, puis un afflux d’avis positifs

La baisse des notes était réelle, du moins autant que les avis permettent d’en juger. En comparant chaque pharmacie à elle-même, la note moyenne est passée de 3,95 étoiles en 2018 à 3,58 en 2023 : la hausse des avis à une étoile ne tient donc pas seulement à un changement dans les pharmacies évaluées.

Puis, à partir de la mi-2024, les avis ont afflué. En 2025, il y en a eu plus du double qu’en 2024, et la proportion d’avis à une étoile est passée de 25 % à 15 %. Les nouveaux avis étaient différents : 50 % avaient un commentaire écrit, contre 64 % l’année précédente, et la longueur médiane des commentaires est passée de 131 à 98 caractères. La hausse a touché les pharmacies en particulier : les 43 autres établissements voisins de notre groupe de comparaison (magasins, bureaux de poste, cliniques, résidences) ont reçu 1,14 fois plus d’avis, les pharmacies 2,1 fois plus. Une explication possible : des pharmacies auraient sollicité des avis. Quand des hôtels ont commencé à solliciter leurs clients, une étude de 2026 a observé que les notes montaient et que les avis raccourcissaient. Nous n’avons pas pu vérifier de telles demandes nous-mêmes.

Les avis à une étoile n’ont pas disparu. Leur nombre a augmenté chaque année, d’environ 99 par mois à l’échelle du Québec en 2018 à 446 en 2025 et 485 de janvier à septembre 2026, soit environ trois par pharmacie par année. Leur proportion n’a baissé que parce que les avis à quatre ou cinq étoiles ont augmenté plus vite, d’environ 990 par mois en 2024 à 2 415 en 2025. Comme les avis de toutes sortes sont devenus plus nombreux au cours de la décennie, ces nombres ne montrent pas que les soins se sont dégradés; ils montrent que les avis à une étoile n’ont pas baissé quand les notes ont remonté. Depuis l’afflux amorcé à la mi-2024, une note moyenne se lit avec son contexte : combien d’avis, combien avec un commentaire, combien à une étoile.

La remontée des notes est venue avec plus d’avis, des commentaires plus courts et plus d’avis sans commentaire.

Avis

13 272
17 454
36 578
202320242025

Avis à une étoile

28,2 %
25,3 %
14,6 %
202320242025

Avis avec commentaire

73 %
64 %
50 %
202320242025

Commentaire médian, caractères

119
131
98
202320242025

De 2023 à 2025, en ambre l’année de l’afflux. Avis, avis à une étoile et avis avec commentaire : tous les avis; longueur médiane : commentaires seulement.

Les avis à une étoile sont devenus une plus petite part après 2024, mais il y en a eu plus chaque année.

Part à une étoile

16 %
20 %
20 %
22 %
28 %
28 %
25 %
15 %
15 %
181920212223242526

Avis à une étoile par mois

99
112
138
176
271
312
369
446
485
181920212223242526

Avis à quatre ou cinq étoiles par mois

451
381
501
577
633
719
990
2 415
2 521
181920212223242526

Pharmacies communautaires du Québec, de 2018 à septembre 2026 : la part des avis à une étoile, et les avis par mois, à une étoile et à quatre ou cinq étoiles (moyenne mensuelle de l’année; 2026 : de janvier à septembre).

Vue tableau
AnnéePart à une étoileAvis à une étoile par moisAvis à quatre ou cinq étoiles par mois
201815,8 %99451
201920,5 %112381
202020,0 %138501
202121,7 %176577
202227,7 %271633
202328,2 %312719
202425,3 %369990
202514,6 %4462 415
202615,2 %4852 521

Ce que les patients vivaient, ils l’écrivaient

Chaque moment de la ligne du temps correspond à ce que les données publiques montrent de ce qui se passait dans les pharmacies. D’abord le personnel. Une pharmacie ne peut pas exécuter d’ordonnances sans pharmacien sur place : quand il en manque, elle réduit ses heures ou ferme ses portes. C’est l’hypothèse la plus simple pour relier deux courbes. À l’été 2022, les pharmacies manquaient de pharmaciens, et les plaintes sur les heures d’ouverture sont passées de 19 pour 1 000 commentaires en 2016 à 54 en 2022, avant de redescendre à 24 en 2025 : la même courbe que le taux de postes vacants dans les magasins de produits de santé et de soins personnels du Québec (1,2 %, 4,8 %, 2,5 %). Les postes vacants de pharmaciens, tous milieux confondus, hôpitaux compris, ont pourtant continué d’augmenter après 2022, de 292 à 485 en 2025, pendant que les plaintes sur les heures diminuaient, peut-être parce que des heures réduites sont devenues la norme. La formation n’a pas comblé l’écart : les deux facultés de pharmacie du Québec ont diplômé à peu près autant de pharmaciens en 2024 (327) qu’en 2015 (347). Deux courbes qui bougent ensemble ne prouvent pas que l’une a causé l’autre.

Les pénuries de médicaments ont laissé une trace semblable. Selon les signalements de Santé Canada, environ 410 médicaments étaient en pénurie au Canada un jour donné en 2021, en moyenne, et environ 500 en 2024; les commentaires sur les ruptures de stock sont passés d’environ 8 à 14 pour 1 000. La pénurie d’acétaminophène et d’ibuprofène en formats pour enfants, en 2022, s’est vue en quelques mois : les mentions de ces médicaments ont plus que triplé pendant qu’elle a duré.

La vaccination s’est vue aussi. À partir de 2021, les commentaires sur la vaccination ont suivi, mois après mois, les doses de vaccin contre la COVID-19, et chaque automne, la campagne antigrippale se voit : hors des années de campagne contre la COVID-19, la vaccination revient dans 1,95 % des commentaires en novembre, contre 0,43 % en juillet. La pharmacie est devenue un lieu courant pour ce vaccin : parmi les adultes de 18 à 74 ans vaccinés contre la grippe, 37 % l’ont été en pharmacie en 2021-2022, contre 18 % en 2019-2020, selon une enquête de l’Institut national de santé publique du Québec.

Bref, les avis gardent une trace rapide de ce que les patients vivent à la pharmacie, au même rythme que des données recueillies à d’autres fins. Pour une profession qui décrit une pénurie de personnel depuis des années, ils donnent le point de vue des patients sur la même période.

Les plaintes sur les heures d’ouverture ont monté et baissé avec les postes vacants en magasin; les postes vacants de pharmaciens ont continué d’augmenter.

Taux de postes vacants, magasins

1,2 %
1,6 %
2,1 %
2,4 %
2,3 %
4,1 %
4,8 %
3,8 %
2,5 %
2,5 %
16171819202122232425

Postes vacants de pharmaciens

71
52
112
154
—
171
292
414
475
485
16171819202122232425

Plaintes sur les heures pour 1 000 commentaires

19
13
17
16
24
28
54
41
35
24
16171819202122232425

Taux de postes vacants : magasins de produits de santé et de soins personnels du Québec, moyenne des trimestres publiés (Statistique Canada, tableau 14-10-0442-01); 2020 en a deux. Postes vacants de pharmaciens : Québec, tous milieux, hôpitaux compris (tableau 14-10-0444-01; aucun chiffre publié pour 2020). Plaintes sur les heures : commentaires qui se plaignent des heures d’ouverture, pour 1 000 commentaires. De 2016 à 2025.

Vue tableau
AnnéeTaux de postes vacants, magasinsPostes vacants de pharmaciensPlaintes sur les heures pour 1 000 commentaires
20161,2 %7119,0
20171,6 %5213,2
20182,1 %11216,7
20192,4 %15415,9
20202,3 %—24,5
20214,1 %17127,5
20224,8 %29253,7
20233,8 %41441,3
20242,5 %47534,7
20252,5 %48524,3
Chaque automne, la campagne antigrippale se voit.
0,88 %
0,48 %
0,82 %
0,61 %
0,48 %
0,47 %
0,43 %
0,64 %
0,48 %
1,24 %
1,95 %
1,15 %
janv.févr.marsavr.maijuinjuill.aoûtsept.oct.nov.déc.

Part des commentaires qui mentionnent la vaccination, par mois, hors des années de campagne contre la COVID-19.

Ce dont les patients ont peu parlé : le rôle clinique grandissant des pharmaciens

Les pharmaciens du Québec peuvent prolonger et ajuster une ordonnance, et prescrire pour certaines conditions mineures, depuis 2015, en vertu de la loi 41, adoptée en 2011. Sanctionnée en mars 2020, la loi 31 a élargi ce rôle; ses règlements sont entrés en vigueur le 25 janvier 2021, le jour où ces services sont devenus sans frais pour les patients, comme le ministère de la Santé l’avait annoncé; la RAMQ les paie. Les commentaires sur les pharmaciens qui prescrivent n’ont montré aucun changement net à l’une ou l’autre date, pas plus que les commentaires sur les frais, même si chaque date a coïncidé avec un événement plus grand : la pandémie, puis un couvre-feu. Même la fin de la gratuité du vaccin contre la COVID-19 pour tous, à l’automne 2025, est passée presque inaperçue : 18 % des commentaires sur la vaccination de cet automne-là mentionnaient un coût, contre 17 % les automnes précédents.

Le travail clinique, lui, a continué de croître, beaucoup plus vite que ce que les patients en disaient. De 2019 à 2024, les prolongations d’ordonnance facturées au régime public d’assurance médicaments de la RAMQ, qui couvre un peu moins de la moitié des personnes assurées, ont été multipliées par près de huit, de 208 463 à 1 621 942. Les commentaires qui décrivent une prolongation ont été multipliés par quatre environ, de 45 à 175, un peu plus vite que l’ensemble des commentaires, qui ont presque triplé, de 3 957 à 11 243. La RAMQ prévient qu’elle a reclassé des services en 2021, en 2023 et en 2024, mais même en 2020, avant tout reclassement, les prolongations facturées ont augmenté des deux tiers alors que la part des commentaires qui en décrivent une a à peine bougé. Les modifications de thérapie médicamenteuse facturées, soit le changement d’une dose ou d’un médicament, sont passées de 10 353 en 2019 à 971 488 en 2024, et les commentaires qui en décrivent une, de 23 à 60.

Au total, seulement 6 % des commentaires décrivent l’un ou l’autre des services cliniques d’un pharmacien : prolonger ou ajuster une ordonnance, prescrire pour une condition mineure, une consultation, un conseil sur un médicament, un vaccin ou un test. Ces décomptes viennent d’une lecture automatique des commentaires, volontairement prudente, et une vérification humaine d’un échantillon est en cours. Quand les patients décrivent une prolongation, c’est surtout parce que quelque chose a mal tourné : 64 % de ces commentaires donnent une étoile, et seulement 24 % disent qu’elle s’est bien passée, contre 69 % pour un conseil sur un médicament et 63 % pour un vaccin. Ce n’est pas propre au Québec : en Colombie-Britannique, une étude de 2024 a trouvé le champ de pratique des pharmaciens dans moins de 2 % des avis Google sur les pharmacies.

Pourquoi si peu? Plusieurs explications sont possibles. Un patient peut ne pas remarquer le service reçu, ou choisir de ne pas en parler. Une prolongation réussie, par exemple, passe facilement inaperçue : le traitement continue, c’est le but, et depuis 2021, elle est sans frais, même si le patient en est normalement informé. Une bonne part du reste (vérifier une ordonnance, refuser un renouvellement trop hâtif, appeler le prescripteur) se vit comme une attente ou un refus. Un vaccin, lui, est un événement. Ce décalage ne signifie pas pour autant que l’estime des patients envers les pharmaciens soit basse : des sondages pour l’Association des pharmaciens du Canada notent que de 93 % à 96 % des Canadiens avaient une impression favorable des pharmaciens de 2015 à 2023, et le baromètre de Léger au Québec situe la confiance envers eux à 94 % en 2021 et à 95 % en 2022.

De 2019 à 2024, les prolongations d’ordonnance facturées ont été multipliées par près de huit; les commentaires qui en décrivent une, par quatre environ, un peu plus vite que l’ensemble des commentaires.
Prolongations d’ordonnance facturées à la RAMQrégime public208 4631 621 942▲ ×7,8
Commentaires qui décrivent une prolongationlecture automatique prudente45175▲ ×3,9
Tous les commentaires écritsavis Google avec commentaire3 95711 243▲ ×2,8
Modifications de thérapie médicamenteuse facturées à la RAMQfacturées à partir de 201810 353971 488nouveau
Commentaires qui décrivent une modification de thérapielecture automatique prudente2360▲ ×2,6

Régime public d’assurance médicaments de la RAMQ (tableau AM.15, personnes du régime public seulement); commentaires comptés selon une lecture automatique prudente. De 2019, la dernière année avant la pandémie, à 2024. La RAMQ prévient que les années ne se comparent pas directement : des services ont été reclassés en janvier 2021, en avril 2023 et en avril 2024. Les modifications de thérapie ont été facturées pour la première fois en 2018 : leur variation n’a donc pas de multiple.

Vue tableau
AnnéeProlongations d’ordonnance facturées à la RAMQCommentaires qui décrivent une prolongationTous les commentaires écritsModifications de thérapie médicamenteuse facturées à la RAMQCommentaires qui décrivent une modification de thérapie
2019208 463453 95710 35323
2020348 498635 06411 51421
2021885 893686 443124 20322
20221 022 991888 366284 97733
20231 397 0491389 710654 86553
20241 621 94217511 243971 48860

Du magasin aux personnes

Un autre changement compte pour les équipes en pharmacie : ce dont parlent les patients est passé du magasin aux personnes qui les servent, surtout de 2016 à 2020, et cela a tenu depuis. Le magasin (ses produits et cosmétiques, ses comptoirs postal et photo) est passé de 22 % de tous les sujets soulevés par les commentaires en 2016 à 13 % en 2020 et 11 % en 2024, pendant que l’accueil et le service passaient de 26 % à 31 %. Le déplacement se maintient à longueur de commentaire égale et parmi les 656 mêmes pharmacies. Les patients nomment aussi plus souvent un membre du personnel : 9 % des commentaires en 2018, 15 % en 2024 et 21 % de janvier à septembre 2026, un dernier bond que les données ne distinguent pas des demandes d’avis.

La carte place chaque sujet soulevé par les patients selon le sens : les sujets semblables se côtoient, dans les couleurs des quatre mêmes familles. Pour les équipes en pharmacie, les personnes au comptoir occupent maintenant beaucoup plus de place dans ce qu’écrivent les patients que les tablettes.

Tout ce dont les patients ont parlé en dix ans d’avis, placé selon le sens : les sujets semblables se côtoient.
  • Obtenir ses médicaments
  • L’accueil et le service
  • Soins et coûts
  • Le magasin

Survolez le nom d’un thème pour éclairer sa grappe. Cliquez sur le nom pour la garder : faites alors défiler sur le nuage pour l’agrandir, et cliquez sur ses carrés pour voir leurs sujets. Faites glisser pour tourner le nuage. Chaque carré est un sujet soulevé au moins trois fois ; plus il est grand, plus il revient souvent.

Ce dont parlent les patients est passé du magasin aux personnes qui les servent, surtout avant 2020.

Obtenir ses médicamentsL’accueil et le serviceSoins et coûtsLe magasin

0 %10 %20 %30 %40 %
34 %31 %13 %12 %
201620182020202220242026

La part de chaque famille dans tous les sujets soulevés par les commentaires, par année, de 2016 à 2026 (2026 : de janvier à septembre). Le reste, environ un sujet sur onze, ne correspond à aucun thème; la vue tableau le montre.

Vue tableau
AnnéeObtenir ses médicamentsL’accueil et le serviceSoins et coûtsLe magasinSans thème
201634,6 %25,6 %10,3 %22,0 %7,6 %
201734,6 %27,5 %10,1 %20,6 %7,2 %
201836,4 %28,2 %11,2 %16,1 %8,1 %
201935,7 %29,1 %11,5 %14,7 %9,0 %
202035,3 %31,7 %10,1 %13,2 %9,7 %
202134,7 %30,9 %12,3 %12,4 %9,6 %
202237,2 %30,4 %11,3 %11,8 %9,3 %
202337,4 %30,6 %11,0 %11,4 %9,6 %
202437,0 %31,1 %11,7 %10,9 %9,4 %
202534,9 %31,2 %11,8 %12,9 %9,2 %
202634,5 %31,3 %12,6 %12,5 %9,1 %

Ce que les avis peuvent dire, et ce qu’ils ne peuvent pas dire

Pris ensemble, les avis de la décennie décrivent la pharmacie telle que les patients la vivent : une porte à franchir, un comptoir, une tablette et, de plus en plus, une personne. Ils enregistrent vite ce qui change cette visite, d’une pandémie à une pénurie d’analgésiques pour enfants, et disent peu de chose de ce qui change derrière : qui peut prescrire, quels services sont payés et par qui, quelle part du travail d’un pharmacien est clinique.

D’autres explications méritent d’être entendues. Les personnes qui écrivent des avis ont changé à mesure qu’évaluer sa pharmacie sur Google devenait courant, et les invitations et la modération de Google, que nous ne voyons pas, influent sur qui écrit et sur ce qui reste en ligne. La hausse des avis à une étoile a commencé avant la pandémie : dès 2019, 20,5 % des avis donnaient une étoile. Nos vérifications écartent certaines explications (la baisse tient pharmacie par pharmacie, la hausse de 2025 a touché les pharmacies en particulier, et le déplacement vers les personnes tient parmi les mêmes pharmacies), mais pas toutes. Et si les deux histoires de la décennie se rejoignent quelque part, c’est peut-être dans la charge de travail : plus d’actes cliniques, avec à peu près autant de nouveaux pharmaciens chaque année, laissent moins de temps au comptoir. Nous ne l’avons pas vérifié.

Un constat « sans changement net » a aussi ses limites. La pratique change graduellement : une règle peut compter sans laisser de marche à la date de son entrée en vigueur. Et comme seulement 6 % des commentaires décrivent le travail clinique, un vrai changement pourrait rester sous le seuil que les avis permettent de détecter.

Pour les propriétaires et les bannières, les plaintes de la décennie se sont concentrées à l’entrée de la pharmacie (le téléphone, les heures d’ouverture, le comptoir), et les éloges, autour des personnes que les patients pouvaient nommer. Pour les décideurs, les avis sont un indicateur imparfait, mais nous n’avons trouvé aucune mesure publiée de l’expérience des patients dans les pharmacies communautaires du Québec, et les avis couvrent presque toutes les pharmacies, mois après mois. Pour les patients, il est bon de savoir qu’un pharmacien peut, s’il le juge approprié, prolonger une ordonnance ou prescrire pour certaines conditions mineures sans frais, et, à partir du 9 décembre, davantage.

Les patients ont écrit sur ce qu’ils vivaient, pas sur les dates des nouvelles règles.
Ce qui s’est vu dans les avisAucun changement net dans les avis
2016
2017
2018
2019
La difficulté à joindre la pharmacie2020La loi 31 sanctionnée (mars)
La vaccination contre la COVID-19 en pharmacie2021Ses règlements; fin des frais aux patients (janvier)
Portes fermées, tablettes vides2022
2023
2024
2025Fin de la gratuité du vaccin contre la COVID-19 pour tous (automne)
?9 déc. 2026De nouveaux services commencent

À gauche : des moments qui se sont vus dans les avis Google sur les pharmacies communautaires du Québec. À droite : des changements de règles qui n’y ont laissé aucun changement net. En bas, le prochain.

Avant le 9 décembre

Le 9 décembre 2026, le rôle des pharmaciens s’élargit de nouveau, et les nouveaux services arriveront graduellement. Deux questions décideront de la façon dont ce changement se lira dans les avis : qui aura le temps d’offrir ces services, et comment ils seront payés. Si la dernière décennie est un guide, les patients les jugeront d’abord à la porte : s’ils arrivent à joindre la pharmacie, combien de temps ils attendent et comment ils sont accueillis. Si les nouveaux services passent par des lignes téléphoniques et des comptoirs déjà débordés, avec à peu près autant de nouveaux pharmaciens chaque année, les avis le montreront sans doute avant toute autre donnée. Et le travail clinique lui-même risque de ne se voir que lorsqu’il fait attendre les patients (une vérification, un appel au prescripteur), à moins que quelque chose ne le rende visible autrement.

Ce qu’il faudra surveiller dans les avis à partir du 9 décembre

L’accès

24

plaintes sur les heures d’ouverture pour 1 000 commentaires en 2025

contre 54 en 2022

Une étoile

485

avis à une étoile par mois au Québec en 2026

environ trois par pharmacie par année

Les personnes

21 %

des commentaires nommaient un membre du personnel en 2026

contre 9 % en 2018

Le travail clinique

6 %

des commentaires décrivent l’un ou l’autre des services cliniques d’un pharmacien

vaccins et conseils compris

Le dernier niveau de chacun, dans les avis Google sur les pharmacies communautaires du Québec; 2026 : de janvier à septembre.

Pharmaciennes et pharmaciens, salariés ou propriétaires, qu’est-ce qui rendrait le volet clinique de votre travail visible pour les patients : des honoraires distincts, une ligne sur le reçu, un mot au comptoir?

À propos des données : nous avons recueilli, en octobre 2026, 159 568 avis Google sur 1 865 des 1 883 pharmacies communautaires du Québec; 91 908 d’entre eux comportent un commentaire. Les chiffres couvrent janvier 2016 à septembre 2026, et nous avons classé les commentaires par sujet à l’aide de techniques modernes d’apprentissage automatique. La plupart des comparaisons entre pharmacies et entre territoires utilisent les avis jusqu’en juin 2024, avant l’afflux d’avis amorcé à la mi-2024, et aucun groupe ne compte moins de 20 pharmacies ou de 100 avis. Les auteurs des avis ont choisi d’écrire, souvent après une très bonne ou une très mauvaise visite : leurs récits disent comment la visite a été vécue, pas la qualité des soins. Seuls des totaux et des proportions sont présentés; aucun commentaire, aucune pharmacie et aucune chaîne ne sont identifiés.

Telotia Research

Telotia research · Québec community pharmacies

Ten years of Québec pharmacy, as patients wrote it

From 2016 to 2026, Google reviews of Québec’s community pharmacies followed what patients met at the counter: the pandemic, closed doors, empty shelves and, more and more, how staff treated them. They said far less about what changed in pharmacists’ own work, a growing clinical role.

22 Oct 2026 · 16 min read ·
16% to 28% of reviews gave one star: in 2018, then in 2023 (15% in 2026)
YearOne-star
201816%
202328%

In 2018, 16% of Google reviews of Québec’s community pharmacies gave one star. By 2023, 28% did. Over the same years, pharmacists’ role grew: they began to vaccinate, took on new clinical activities, and several of their services became free for patients, paid for instead by the RAMQ, Québec’s public health insurer. The two stories don’t have to be linked, and we don’t claim they are. Together, though, they raise a question: what did patients write about over that decade, and what did they barely mention?

To find out, we collected 159,568 Google reviews of 1,865 of Québec’s 1,883 community pharmacies, 91,908 of them with a written comment, from January 2016 to September 2026. With modern machine-learning techniques, we sorted the comments by subject and followed each subject year by year beside public records of vaccine doses, job vacancies, drug shortages and the services pharmacists bill to the RAMQ. Reviews show how a visit felt to the people who chose to write, not the quality of care.

What we found is a mismatch. Reviews followed what patients met at the pharmacy, often within months: trouble getting through during the pandemic, vaccination, staff and drug shortages and, more and more, how staff treated them. They said far less about what changed in pharmacists’ own work: the clinical services pharmacists bill grew much faster than patients’ comments about them, and the rules that expanded those services left no clear mark in the reviews.

That matters now. On 9 December 2026, under a new regulation that follows Bill 67, pharmacists’ role widens again: they will be able to prescribe more broadly for common health problems, such as certain infections, and for chronic diseases already diagnosed, with the services arriving gradually. This article follows the decade as patients wrote it.

Key findings

  • Reviews grew harsher, then a surge of positive reviews lifted the averages. One-star reviews went from 16% of reviews in 2018 to 28% in 2023, even pharmacy by pharmacy. Since a surge of short, positive reviews began in mid-2024, ratings have risen, but one-star reviews kept growing in number, to 485 a month in 2026, about three a year per pharmacy. That doesn’t show care got worse, though, since reviews of every kind grew.
  • Reviews followed what patients met at the pharmacy. Trouble getting through during the pandemic, COVID-19 vaccination, and staff and drug shortages showed in the comments as they happened, and patients increasingly comment on how staff treat them.
  • Pharmacists’ growing clinical role shows mostly when it makes patients wait. From 2019 to 2024, prescription extensions billed to the RAMQ’s public plan grew nearly eightfold; comments describing one, about fourfold, a little faster than comments overall. When patients do describe an extension, 64% of them give one star, and only 24% say it went well.

The decade, year by year

Scroll to move through the decade.

2016

One review in ten gave one star

In 2016, 10% of Google reviews of Québec’s community pharmacies gave one star, and reviews were still few: 3,977 that year. A burst of reviews in late 2016 and 2017 (13,405 in 2017), whose cause we can’t tell, lifted ratings for a while: the one-star share dipped to 6.8%.

2018–2019

Ratings begin to fall

In 2018, 16% of reviews gave one star; by 2019, 20.5%. Comments grew longer too: the median comment went from 61 characters in 2016 to 131 in 2024.

2020

Reaching the pharmacy becomes the problem

In a single year, as the pandemic began, trouble reaching the pharmacy, by phone or in person, went from 10% to 19% of complaints about getting a prescription.

2021

Vaccines arrive in pharmacies

When pharmacies began offering COVID-19 vaccines, comments about vaccination rose from 0.5% of written comments in 2020 to 2.9% in 2021. Month by month, they followed the pace of Québec’s vaccination campaign (27.7 million doses since December 2020, in pharmacies and elsewhere).

Comments about vaccinationDoses given

0peak
202120232025

Comments about vaccination (dark line) and doses given in Québec (grey; INSPQ), each as a share of its own peak, December 2020 to September 2026.

2022

Closed doors, empty shelves

In the summer of 2022, as pharmacies ran short of pharmacists, complaints about opening hours nearly doubled. Complaints about the phone, about getting through and how calls were handled, peaked at 4.8% of comments. During the children’s pain-reliever shortage, mentions of acetaminophen or ibuprofen more than tripled, from 1.7 to 5.6 per 1,000 comments, in the very months families lived it.

Before the shortage1.7
During the shortage5.6

Acetaminophen or ibuprofen, per 1,000 comments.

2023

The low point

28% of reviews gave one star, the highest share of the decade. Comparing each pharmacy with itself, the average rating fell from 3.95 stars in 2018 to 3.58.

2025

The rebound

From mid-2024, reviews surged: in 2025 there were more than twice as many, ratings jumped, and only 50% had a written comment, against 64% in 2024. One-star reviews still grew: 446 a month, against 369 in 2024.

2026

Where it stands

From January to September 2026, 15% of reviews gave one star, a share down since 2023, yet their number reached 485 a month, the most of the decade. Patients named a staff member in 21% of comments, up from 9% in 2018.

One-star reviews and reviews per month, 2016 to 2026

One-star reviews

0%10%20%30%
9.9%6.8%14.6%

Reviews per month Review surge

02,0004,000
20162017201820192020202120222023202420252026

Share of one-star Google reviews by year (2026: January to September), and reviews per month; in amber, from July 2024, the surge in reviews.

Table view
Year20162017201820192020202120222023202420252026
One-star reviews9.9%6.8%15.8%20.5%20.0%21.7%27.7%28.2%25.3%14.6%15.2%

Harsher reviews, then a surge of positive ones

The decline in ratings was real, as far as reviews can show. Comparing each pharmacy with itself, the average rating fell from 3.95 stars in 2018 to 3.58 in 2023, so the rise in one-star reviews wasn’t just a change in which pharmacies got reviewed.

Then, from mid-2024, reviews surged. In 2025 there were more than twice as many as in 2024, and the share giving one star fell from 25% to 15%. The new reviews were different: 50% had a written comment, against 64% the year before, and the median comment shrank from 131 to 98 characters. The jump was specific to pharmacies: the 43 other businesses next to them in our comparison group (stores, post offices, clinics, residences) got 1.14 times as many reviews, pharmacies 2.1 times as many. One possible explanation is that pharmacies asked customers for reviews: when hotels began asking guests, a 2026 study found that ratings rose and reviews got shorter. We couldn’t verify such requests ourselves.

One-star reviews didn’t go away. They rose every year, from about 99 a month across Québec in 2018 to 446 in 2025 and 485 from January to September 2026, about three a year per pharmacy. Their share fell only because four- and five-star reviews grew faster, from about 990 a month in 2024 to 2,415 in 2025. Since reviews of every kind became more numerous over the decade, these counts can’t show that care got worse; they show that complaints didn’t fall when ratings rose. Since the surge that began in mid-2024, an average rating needs its context: how many reviews, how many with a comment, how many complaints.

The rating rebound came with more reviews, shorter comments and more reviews with no comment.

Reviews

13,272
17,454
36,578
202320242025

One-star reviews

28.2%
25.3%
14.6%
202320242025

Reviews with a comment

73%
64%
50%
202320242025

Median comment, characters

119
131
98
202320242025

2023 to 2025, in amber the surge year. Reviews, one-star reviews and reviews with a comment: all reviews; median comment length: comments only.

One-star reviews became a smaller share after 2024, but there were more of them every year.

Share giving one star

16%
20%
20%
22%
28%
28%
25%
15%
15%
’18’19’20’21’22’23’24’25’26

One-star reviews a month

99
112
138
176
271
312
369
446
485
’18’19’20’21’22’23’24’25’26

Four- and five-star reviews a month

451
381
501
577
633
719
990
2,415
2,521
’18’19’20’21’22’23’24’25’26

Québec’s community pharmacies, 2018 to September 2026: the share of reviews giving one star, and reviews a month, one-star and four- or five-star (the year’s monthly average; 2026: January to September).

Table view
YearShare giving one starOne-star reviews a monthFour- and five-star reviews a month
201815.8%99451
201920.5%112381
202020.0%138501
202121.7%176577
202227.7%271633
202328.2%312719
202425.3%369990
202514.6%4462,415
202615.2%4852,521

What patients met, they wrote about

Each moment in the timeline lines up with public records of what was happening in pharmacies. Start with staff. A pharmacy can’t fill prescriptions without a pharmacist on site: when it lacks one, it cuts its hours or closes its doors. That is the simplest hypothesis linking two curves. In the summer of 2022, pharmacies ran short of pharmacists, and complaints about opening hours went from 19 per 1,000 comments in 2016 to 54 in 2022, before falling back to 24 in 2025: the same arc as the job vacancy rate in Québec’s health and personal-care stores (1.2%, 4.8%, 2.5%). Yet pharmacist vacancies, in every setting, hospitals included, kept climbing after 2022, from 292 to 485 in 2025, while complaints about hours eased, perhaps because shorter hours became the norm. Training hasn’t filled the gap: Québec’s two pharmacy faculties graduated about as many pharmacists in 2024 (327) as in 2015 (347). Two curves that move together don’t prove that one caused the other.

Drug shortages left a similar trace. On an average day, Health Canada’s reports listed about 410 drugs in shortage across Canada in 2021 and about 500 in 2024; comments about drugs out of stock went from about 8 to 14 per 1,000. The children’s pain-reliever shortage of 2022 showed within months: mentions of acetaminophen or ibuprofen more than tripled while it lasted.

Vaccination showed too. From 2021, comments about vaccination followed COVID-19 doses month by month, and every fall the flu campaign shows: outside the COVID-19 campaign years, vaccination comes up in 1.95% of comments in November, against 0.43% in July. Pharmacies are now a common place for that shot: among adults aged 18 to 74 who got a flu shot, 37% got it in a pharmacy in 2021–2022, against 18% in 2019–2020, according to a survey by Québec’s public health institute.

Reviews, in short, keep a fast record of what patients meet at the pharmacy, in step with data collected for other purposes. For a profession that has been describing a staff shortage for years, they offer the patient’s side of the same period.

Complaints about opening hours rose and fell with job vacancies in stores; pharmacist vacancies kept rising.

Job vacancy rate, stores

1.2%
1.6%
2.1%
2.4%
2.3%
4.1%
4.8%
3.8%
2.5%
2.5%
’16’17’18’19’20’21’22’23’24’25

Pharmacist vacancies

71
52
112
154
—
171
292
414
475
485
’16’17’18’19’20’21’22’23’24’25

Opening-hours complaints per 1,000 comments

19
13
17
16
24
28
54
41
35
24
’16’17’18’19’20’21’22’23’24’25

Job vacancy rate: Québec’s health and personal-care stores, average of the published quarters (Statistics Canada, table 14-10-0442-01); 2020 has two. Pharmacist vacancies: Québec, every setting, hospitals included (table 14-10-0444-01; none published for 2020). Opening-hours complaints: comments complaining about opening hours, per 1,000 comments. 2016 to 2025.

Table view
YearJob vacancy rate, storesPharmacist vacanciesOpening-hours complaints per 1,000 comments
20161.2%7119.0
20171.6%5213.2
20182.1%11216.7
20192.4%15415.9
20202.3%—24.5
20214.1%17127.5
20224.8%29253.7
20233.8%41441.3
20242.5%47534.7
20252.5%48524.3
Every fall, the flu campaign shows.
0.88%
0.48%
0.82%
0.61%
0.48%
0.47%
0.43%
0.64%
0.48%
1.24%
1.95%
1.15%
JanFebMarAprMayJunJulAugSepOctNovDec

Share of comments mentioning vaccination, by calendar month, outside the COVID-19 campaign years.

What patients barely mentioned: pharmacists’ growing clinical role

Pharmacists in Québec have been able to extend and adjust prescriptions, and to prescribe for some minor conditions, since 2015, under Bill 41, adopted in 2011. Bill 31, adopted in March 2020, widened that role; its regulations took effect on 25 January 2021, the day such services became free for patients, as Québec’s health ministry had announced; the RAMQ pays for them. Comments about pharmacists prescribing showed no clear change at either date, nor did comments about fees, though each date shared its month with something bigger: the pandemic, then a curfew. Even the end of the free COVID-19 vaccine for everyone, in the fall of 2025, barely registered: 18% of that fall’s vaccination comments mentioned a cost, against 17% in earlier falls.

The clinical work itself kept growing, far faster than patients’ accounts of it. From 2019 to 2024, prescription extensions billed to the RAMQ’s public drug plan, which covers a little under half of insured Quebecers, grew nearly eightfold, from 208,463 to 1,621,942. Comments describing an extension grew about fourfold, from 45 to 175, a little faster than comments overall, which nearly tripled, from 3,957 to 11,243. The RAMQ warns that it reclassified services in 2021, 2023 and 2024, but even in 2020, before any of that, billed extensions rose by two thirds while the share of comments describing one barely moved. Billed therapy modifications, changing a dose or a medication, went from 10,353 in 2019 to 971,488 in 2024, while comments describing one went from 23 to 60.

Altogether, only 6% of comments describe any of a pharmacist’s clinical services: extending or adjusting a prescription, prescribing for a minor condition, a consultation, advice on a medication, a vaccine or a test. These counts come from an automatic reading of the comments, kept cautious, and a person’s check of a sample is under way. When patients do describe an extension, it is mostly because something went wrong: 64% of those comments give one star, and only 24% say it went well, against 69% for advice on a medication and 63% for a vaccine. That isn’t peculiar to Québec: in British Columbia, a 2024 study found pharmacists’ scope of practice in under 2% of Google reviews of pharmacies.

Why so little? Several explanations are possible. A patient may not notice the service, or may choose not to write about it. A successful extension, for instance, easily goes unnoticed: the treatment continues, which is the point, and since 2021 it costs nothing, even though the patient is normally told. Much of the rest (checking a prescription, refusing an early refill, calling the prescriber) is felt as a wait or a refusal. A vaccine, by contrast, is an event. Nor does the gap mean patients hold pharmacists in low regard: polls for the Canadian Pharmacists Association found that 93% to 96% of Canadians had a favourable impression of pharmacists from 2015 to 2023, and Léger’s Québec barometer put trust in them at 94% in 2021 and 95% in 2022.

From 2019 to 2024, billed prescription extensions grew nearly eightfold; comments describing one, about fourfold, a little faster than all comments.
Prescription extensions billed to RAMQpublic drug plan208,4631,621,942▲ ×7.8
Comments describing an extensioncautious automatic reading45175▲ ×3.9
All written commentsGoogle reviews with a comment3,95711,243▲ ×2.8
Therapy modifications billed to RAMQfirst billed in 201810,353971,488new
Comments describing a therapy modificationcautious automatic reading2360▲ ×2.6

RAMQ’s public drug plan (table AM.15, people on the public plan only); comments counted on a cautious automatic reading. From 2019, the last year before the pandemic, to 2024. RAMQ warns that years can’t be compared directly: services were reclassified in January 2021, April 2023 and April 2024. Therapy modifications were first billed in 2018, so their change has no multiple.

Table view
YearPrescription extensions billed to RAMQComments describing an extensionAll written commentsTherapy modifications billed to RAMQComments describing a therapy modification
2019208,463453,95710,35323
2020348,498635,06411,51421
2021885,893686,443124,20322
20221,022,991888,366284,97733
20231,397,0491389,710654,86553
20241,621,94217511,243971,48860

From the store to the people

One more change matters to pharmacy teams: what patients write about moved from the store to the people serving them, mostly between 2016 and 2020, and it has held since. The store (its products and cosmetics, its post-office and photo counters) went from 22% of all the subjects comments raised in 2016 to 13% in 2020 and 11% in 2024, while how staff treated patients went from 26% to 31%. The shift holds at equal comment length and among the same 656 pharmacies. Patients also name a staff member more often: 9% of comments in 2018, 15% in 2024 and 21% from January to September 2026, a last jump the data can’t separate from review requests.

The map places every subject patients raised by meaning, so subjects that are alike sit together, in the same four families’ colours. For pharmacy teams, the people at the counter now take up far more of what patients write about than the shelves do.

Everything patients wrote about in ten years of reviews, placed by meaning: subjects that are alike sit together.
  • Getting the medication
  • How staff treated them
  • Care and costs
  • The store

Point to a theme’s name to light up its cluster. Click the name to hold it: then scroll over the cloud to zoom into the cluster, and click its squares to see their subjects. Drag to turn the cloud. Each square is a subject raised at least three times; the larger, the more often.

What patients write about moved from the store to the people serving them, mostly by 2020.

Getting the medicationHow staff treated themCare and costsThe store

0%10%20%30%40%
34%31%13%12%
201620182020202220242026

Each family’s share of all the subjects comments raised, by year, 2016 to 2026 (2026: January to September). The rest, about one subject in eleven, fits no theme; the table view shows it.

Table view
YearGetting the medicationHow staff treated themCare and costsThe storeNo theme
201634.6%25.6%10.3%22.0%7.6%
201734.6%27.5%10.1%20.6%7.2%
201836.4%28.2%11.2%16.1%8.1%
201935.7%29.1%11.5%14.7%9.0%
202035.3%31.7%10.1%13.2%9.7%
202134.7%30.9%12.3%12.4%9.6%
202237.2%30.4%11.3%11.8%9.3%
202337.4%30.6%11.0%11.4%9.6%
202437.0%31.1%11.7%10.9%9.4%
202534.9%31.2%11.8%12.9%9.2%
202634.5%31.3%12.6%12.5%9.1%

What the reviews can and can’t tell us

Taken together, the decade’s reviews describe the pharmacy as patients experience it: a door to get through, a counter, a shelf and, increasingly, a person. They register quickly what changes that visit, from a pandemic to a shortage of children’s pain relievers, and say little about what changes behind it: who may prescribe, which services are paid for and by whom, how much of a pharmacist’s work is clinical.

Other explanations deserve a hearing. Who writes reviews changed as reviewing a pharmacy on Google became common, and Google’s own prompts and moderation, which we can’t see, shape who writes and what stays online. The rise in one-star reviews began before the pandemic: by 2019, 20.5% of reviews gave one star. Our checks rule out some explanations (the fall holds pharmacy by pharmacy, the 2025 jump was specific to pharmacies, and the shift toward people holds among the same pharmacies), but not all. And if the decade’s two stories meet anywhere, it may be in workload: more clinical acts, with about as many new pharmacists each year, leave less time at the counter. We haven’t tested that.

A finding of “no clear change” has limits too. Practice changes gradually, so a rule can matter without leaving a step on the date it takes effect, and with only 6% of comments describing clinical work, a real change could stay below what reviews can detect.

For owners and banners, the decade’s complaints gathered at the front of the pharmacy (the phone, the opening hours, the counter) and its praise around the people patients could name. For policymakers, reviews are an imperfect stand-in, but we found no published measure of how patients experience Québec’s community pharmacies, and reviews cover nearly every pharmacy, month by month. For patients, it’s worth knowing that a pharmacist may, when they judge it appropriate, extend a prescription or prescribe for some minor conditions at no charge, and from 9 December, more.

Patients wrote about what they met, not about the dates of new rules.
Showed in the reviewsNo clear change in the reviews
2016
2017
2018
2019
Trouble reaching the pharmacy2020Bill 31 adopted (March)
COVID-19 vaccination in pharmacies2021Its regulations; patient fees end (January)
Closed doors, empty shelves2022
2023
2024
2025The free COVID-19 vaccine for everyone ends (fall)
?9 Dec 2026New services begin

Left: moments that showed in Google reviews of Québec’s community pharmacies. Right: rule changes that left no clear change in them. At the bottom, the next one.

Before 9 December

On 9 December 2026, pharmacists’ role widens again, and the new services will arrive gradually. Two questions will shape how the change reads in reviews: who will have the time to provide the new services, and how they will be paid. If the past decade is a guide, patients will judge them first at the door: whether they can get through, how long they wait and how they are received. If the new services run through phone lines and counters that are already stretched, with about as many new pharmacists each year, the reviews will likely show it before any other data does. And the clinical work itself is likely to show only when it makes patients wait (a check, a call to the prescriber), unless something makes it visible otherwise.

What to watch in the reviews from 9 December

Getting in

24

complaints about opening hours per 1,000 comments in 2025

down from 54 in 2022

One star

485

one-star reviews a month across Québec in 2026

about three a year per pharmacy

The people

21%

of comments named a staff member in 2026

up from 9% in 2018

Clinical work

6%

of comments describe any of a pharmacist’s clinical services

vaccines and advice included

The latest level of each, in Google reviews of Québec’s community pharmacies; 2026 is January to September.

Pharmacists, salaried or owners, what would make the clinical side of your work visible to patients: a fee of its own, a line on the receipt, a word at the counter?

About the data: we collected 159,568 Google reviews of 1,865 of Québec’s 1,883 community pharmacies in October 2026; 91,908 of them have a written comment. The figures cover January 2016 to September 2026, and we sorted the comments by subject with modern machine-learning techniques. Most comparisons between pharmacies and between places use reviews up to June 2024, before the surge in reviews that began in mid-2024, and no group has fewer than 20 pharmacies or 100 reviews. Reviewers chose to write, often after a very good or a very bad visit: their accounts show how a visit felt, not the quality of care. Only totals and shares are shown; no comment, pharmacy or chain is identified.